Un tour du monde de 6 mois, 2 adultes, 1'enfant de 7 ans. Contre le temps qui court un voyage intérieur, des lignes de parenthèses dessinées par la trainée des vols qui vont loin, loin, loin.
Au début il y avait le travail. Puis vint le malaise en son sein. Le troisième jour, le destin fit le chômage. Le quatrième jour, le monde semblait plus petit. Puis les 3 A se décidèrent.
Qui sont les 3 AAA ? 3 lettres, 3 noms, une famille.
Aucun prince, auncun roi. Au royaume de la consommation et de la propriété durement gagnée, le "quand nous pourrons" et le "pendant ma retraite" ne semblaient plus tenir tête à une nature plus profonde, une envie plus existentielle, un voyage intérieur à grand renfort de kms.
Le temps n'attend pas. Un voyage autour du monde est parait-il le rêve de près d'un français sur deux. Le rêve n'a pas souvent la dent dure face à la voiture neuve ou le lcd géant à led. Cette impression de suivre le groupe, d'épouser la pensée commune qui s'écrit sur les publicités Adshel, ce scrupule innocenté par les kgs de pubs déversés dans les boites aux lettres qui érige la possession de l'électronique miracle comme nouvelle loi sociale m'apparait finalement comme réel ressort providentiel. On peut faire d'un problème une aubaine.
On peut retenir très peux d'évènements dans un vie. Ils peuvent se compter sur les doigts d'une main. La tv lcd 82cm ne trouvera jamais son doigts, la voiture non plus.
Je pars contre ça. Je pars pour me retrouver. Je pars pour ne pas regretter. Je pars comme on se marie. J'officialise et j'affiche mes convictions. L'important est ailleurs. Il est ici et pas ailleurs, mais je pars loin pour le vivre en paix.
La société de consommation, le temps qui passe, l'envie de décider, le sens à laisser à cette vie minuscule et insignifiante, la liberté, la partage des expériences heureuses et difficiles en famille, l'amour, la disponibilité, les raisons prendraient un livre ou un blog. C'est ce blog qui s'écrit.
Voici le début d'un récit, d'un voyage autour du monde, au combien intérieur.