Un tour du monde de 6 mois, 2 adultes, 1'enfant de 7 ans. Contre le temps qui court un voyage intérieur, des lignes de parenthèses dessinées par la trainée des vols qui vont loin, loin, loin.
Finalement ai je répondu à la seule question qui se pose avant de partir ?
Pourquoi tu pars ?
Le hasard.
Vincent Cespenes m'a soufflé une partie de la réponse sur europe 1. Invité d'une émission sur la philosophie, on lui demandait de parler du hasard. Qui du hasard ou du destin prédomine ? A chacun d'y répondre ou de ne pas y répondre après tout.
Je pars pour rencontrer le hasard de plus près. Je crois qu'il prend une importance restreinte dans une vie réglée d'obligations. Les responsabilités rythment les journée du salarié, du contribuable, du propriétaire, et j'en passe. Au final la place du hasard est bien réduite. Et je me dis, le voyage rend un bel espace à cette nécessaire contingence. Les décisions sont quotidennes, les effets visibles et immédiats. Dois je aller ici plutôt que là ? Une nuit de plus, une nuit de moins ? Tel bungalow ou tel autre ? Dois je écouter les conseils de tel voyageur ou de tel autre ? Tout est démultiplié. Le hasard me donne l'impression de sépanouir à chaque moment du voyage. J'aime ce hasard, j'aime cette inconsistance, cette impermanence. J'aime ce vascillement, ce manque de contrôle. J'aime cette liberté en somme.
Le temps.
Autre poncif parmi les réponses déjà entendues. Le Temps. Le temps d'être, avec soi et les autres, le temps d'entendre son corps, le temps de sentir ses pieds brulants après une longue marche. Le temps de profiter à 100% d'une mangue mure, d'un poisson grillé. Le temps d'être.
Lelouch, l'auteur de hasards et coincidences aime-t-il les voyages ? Est ce sans le savoir la raison pour laquelle j'aime Lelouch ? Hasards et contingences.
Alexandre