Un tour du monde de 6 mois, 2 adultes, 1'enfant de 7 ans. Contre le temps qui court un voyage intérieur, des lignes de parenthèses dessinées par la trainée des vols qui vont loin, loin, loin.
Du Ladakh, au nord de l'Inde, première destination choisie, le Dalai Lama parle de petit Tibet. Haut lieu du Bouddhisme, il s'y trouve un peu chez lui. Cette religion place la réincarnation au coeur de ses lois. Réligion animiste ou la limace est reine, le verre de terre roi. Le bouddhiste place ainsi plus haut que nous le pince oreille, le blobfish par exemple, au titre qu'ils symbolisent une étape dans le cycle d'élévation vers l'homme. Le cycle qui nous permet, pauvres occidentaux mensualisés de grandir pourrait être celui là. Une sorte de bis répétita pour toucher à un rêve.
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STOP
Tour du monde
Bien sur, la vie ne se réduit pas à son courrier administratif. Il s'agit là d'une rangaine insidieuse, d'une nuisance qui grenaille le chemin idyllique et lisse tracé dans l'imaginaire du garçon de 20 ans que j'étais il y 16 ans déjà. Les années ont moins l'apparence d'éternité. L'avenir plus contraint. Ce rétrécissement du temps, ces répétitions innocentes ont plus raison de la facilité à répéter les choses avec les mêmes noms de mois, les mêmes échéances, les mêmes grisailles de l'hiver et les mêmes réjouissements de printemps. Tout autre motif est fautif. Rien n'a la force de cette conscience du temps qui passe.
Partir, c'est s'arrêter, c'est s'élever, donner un sens au cycle. Notre cycle ne s'inscrit pas dans la réincarnation bouddhiste, il est notablement plus prosaïque. Chaque année qui passe ressemble à un pliage de plus sur la feuille de route. Où ces pliures du temps nous mènent-elles finalement ? J'ai toujours eu ce défaut de vouloir regarder le bout de la feuille. J'ai toujours aimé ces auteurs qui regardent de haut, de loin, depuis la fin. Finalement, j'ai toujours eu envie de partir.
J'avais prévénu ! Ce serait Proustien !