Un tour du monde de 6 mois, 2 adultes, 1'enfant de 7 ans. Contre le temps qui court un voyage intérieur, des lignes de parenthèses dessinées par la trainée des vols qui vont loin, loin, loin.
Le ciel est jaune, mystique, l'horizon noir. Le plafond va bientôt toucher les toits des immeubles. Il va pleuvoir. On sent le mauvais, la nature rappelle a la ville et ses commodités sans charme sa présence hostile. Bangkok sera bientôt sous l'eau.
On ne croise plus grand monde, un peu mais guère. Elle est déjà loin la chaude ambiance du match de poule en rugby entre potes a Luang Prabang. Ici on lève les bras tout seul.
L'air est épais, le sol gorge d'eau. Octobre 2011 annonce encore une fin de saison des pluies désastreuse pour le Thailande. La pire année cette fois.
Les journées molles sont faites d'absence, feintes de nécessités administratives. Une bonne semaine de perdue pour des visas, des dollars, des billets d'avion. Vertu ou vice de l'occident, il faut toujours donner du sens au temps qui passe, le remplir d'une chose utile, heureuse ou futile. A Bangkok, on désapprend, on stagne, l'ambiance est comme le temps. Il va pleuvoir.
Stérile attente d'ici le départ pour la Birmanie demain. Je rêve de Rangoon la nuit et la ville me semble habitée d'une magie que les récits de voyageurs transpercent.
Je ne fais pas de photos. Pour prendre quoi ? Tout est brouillon.
On cherche la rivière camouflée par une barrière de béton, gagnée par une ruelle invisible. Les eaux montent c'est la seule réalité.Je voudrais que l'avion soit haut.