Un tour du monde de 6 mois, 2 adultes, 1'enfant de 7 ans. Contre le temps qui court un voyage intérieur, des lignes de parenthèses dessinées par la trainée des vols qui vont loin, loin, loin.
Le premier a me manquer est Claude Debussy. Il a suffit de notes de piano entendues ici ou la, et un accord m'a immédiatement connecte. Je l'avais, il est vrai, laisse dans les meilleures dispositions, ce n'est pas si étranger que cela. Pas si etranger.
Mais Hanoi, est-ce vraiment l'étranger ? Un air de France au cul du monde presque sous la tour Eiffel à l'échelle du globe. Des cafés, des tables de bistrot, des talons aiguilles et du pain. Claude, il ne manque que toi. Y'a même une cathédrale, qui dégorge le dimanche. Trop de foi; L'offre ne suffit plus a la demande. Les vietnamiens s'agglutinent dehors, par grappes entières, sur des chaises, sur leur scooter, sur les ailes de la cathédrale...partout le souffle de Jésus aimante. Les voix de Dieu sont impénétrables et la cathédrale aussi.
L'offre et la demande, pourtant ici, on connaît. On vend, on achète, on arnaque aussi.
Le week-end c'est night Bazar. Attention, déluge de bruit, faut que ca clignote, que ça hurle, que ça crache. Personne n'entend personne.
Claude, est ce vraiment pour toi ici ? Ca grouille, ça fouille, ça étouffe, ça force le passage, ca klaxonne par dessus, ça congestionne, ça saoule.
Claude, le minima-liste, si tu savais comme ils se galvanisent de bruit. Le café, les talons aiguilles et la musique. On y était presque.
Une touche de Duras, une touche d'amant élégant rode parfois dans certains cafés chics. Du marbre sur les tables de bistrot rondes, un élégant motif répété sur chaque carreau de sol, un ventilateur noir, une affiche d'époque. Nous y sommes presque.
C'est oublier encore le karaoke. Machine a cracher du synthé et de la boite a rythme. Indigestion. Tu hurlerais a ton tour Claude.
Hanoi vacille entre les 2 . Marguerite et Claude ne prennent pas le pas.
Nous quittons Hanoi sonnes. 5 jours suffisent. Il était temps que l'heure de la baie d'Along sonne pour reposer nos oreilles.
Quittons aussi cette économie de tourisme qui sans cesse veut rajouter un zéro et nous prend pour un portefeuille sur pattes. Ça amuse et ça m'use.
On sourit beaucoup, billets en mains surtout et hélas. Et pourtant, il y a avait de quoi...
Bus Hanoi Baie d'Along.
On ouvre les vannes. Les portes du mini bus s'ouvrent. Lâcher de touristes. Le van est sitôt rempli de touristes pour le return way. Productivité, industrialisation.
La Baie d'Along est a quelques mètres. Encore un attrape-mouche au "nez court" pour nous faire croire que notre bateau ne part pas et qu'il faut preferer la jonque et l'île du rabatteur, avec programme serre, huile, buffet chinois et qui sait karaoke. Résultat, il y a tant d'embûches touristiques, tant de sollicitations que tout ce flot vient bourrer les jonques a gros moteur. Direction le même rocher que le voisin.
Nous, on file a l'oppose. Taxi. Direction le port qu'on nous a promis être ferme. Il est bien sur ouvert. Sur le bateau pour Quan Lan, pas un long nez. Nous seuls. Bon, y'a bien une petite suspicion de prix double, mais a ce stade, le paysage est a nous, sublime, flamboyants et brumeux. 4 heures de calme et d'eau. La mer et le ciel se confondent. Qui mouille qui ?
On mouille a Quan Lan, l'île tranquille.
Claude, il n'y a pas d'agence de tourisme. Ouf. Sourires.
Nous y sommes presque. Ce soir, j'écoute la "Cathedrale engloutie" de Claude Debussy. J'y suis. Je ressors le micro, l'appareil photo sans inspiration depuis 4 jours, le stylo.
Good Morning Vietnam !